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 [REC]²

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Le Zonard
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MessageSujet: [REC]²   Ven 12 Mar 2010 - 11:27


[REC]²
(2007)


Réalisé par Jaume Balagueró & Paco Plaza
Écrit par Jaume Balagueró, Manu Díez & Paco Plaza
Avec Jonathan Mellor, Pablo Rosso, Ariel Casas, Alejandro Casaseca, Álex Batllori, Manuela Velasco, Pau Poch, Pep Molina, Andrea Ros


En dépit de faiblesses narratives évidentes (facilités, lieux communs, scène d’exposition finale échevelée), le premier [REC] jouissait d’une mise en scène à toute épreuve, calibrée au millimètre près, nous offrant des plans-séquence aussi audacieux qu’ingénieux. En somme, sur le plan technique, l’œuvre de Balagueró et Plaza fustigeait son remake états-unien qui, lui, pâtissait de cadrages maladroits et je-m’en-foutistes. [REC]² se devait donc d’enfoncer le clou un peu plus afin de confirmer que le cinéma d’horreur ibérique demeurait au sommet du genre. Hélas, c’est tout l’inverse qui se produit avec la suite tant attendue des deux réalisateurs espagnols.

Enchaînant absurdités sur séquences réchauffées (mêmes lieux, mêmes personnages, mêmes rebondissements), le scénario de [REC]² donne le fâcheux sentiment d’avoir été écrit à la va-vite, sans se soucier ni du rythme, ni de la consistance, ni de l’innovation qu’il devait apporter vis-à-vis du premier volet. Du coup, même s’il est appréciable de voir les personnages de l’opus original refaire surface le temps d’une scène (Manu, le pompier ; la vieille dame et la petite fille infectées) ou pour faire avancer l’histoire (Ángela, qui a visiblement eu le temps de se teindre et se laisser pousser les cheveux…), une impression de déjà-vu persiste tout au long du visionnage.
De même, l’intervention des Forces Spéciales donnait une occasion en or pour muscler le récit, mais les scénaristes n’en font rien et se contentent de faire errer les bonshommes d’une pièce à l’autre avec, de temps à autre, un mort-vivant qui pointe le bout de son nez.

Avant tout, il paraît difficile de déterminer si le problème provient d’une différence culturelle importante ou d’une aberration scénaristique, toujours est-il que cette confusion entre les thèmes du mort-vivant infecté, du zombie manipulé et de la possession démoniaque ne s’accueille pas à bras ouvert. Certes, aucune de ces figures de l’horreur ne compte de dogme qui ne devrait être transgressé ; et nous pourrions affirmer en ce sens que faire des morts-vivants infectés des entités possédées par le démon est une marque d’originalité. Soit. Cependant, force est d’admettre qu’un tel parti pris a du mal à enthousiasmer le spectateur tout-venant, surtout lorsque les auteurs font les yeux doux à la religion catholique tout du long — en plus d’accoucher, par conséquent, d’un récit naïf et manichéen — et lorsque les morts-vivants perdent soudainement tout aspect effrayant, bestial et incontrôlable pour se réduire à des pantins manipulés par le Diable, que de simples paroles bibliques et crucifix suffisent à repousser et à maîtriser.
Horreur et suspense ont donc bien du mal à cheminer dans l’esprit du public bien que le scénario réserve quelques séquences intéressantes (le point de vue de la bande de jeunes se révèle finalement plus attrayant que celui des Forces Spéciales) et bien qu’il apporte quelques réponses à l’épilogue du premier [REC] (ce qu’il advient d’Ángela).

Ceci étant, nous pourrions penser que, comme ce fut le cas pour le premier opus, Jaume Balagueró et Paca Plaza ont compensé les bévues de leur scénario par une mise en scène irréprochable. Que nenni, mon cher ami ! Recourant au même genre de facilités que le Quarantine américain, [REC]² se fourvoie dans une direction d’acteurs précaire (les comédiens sont aussi convaincants que des pots de fleurs) et dans une approche technique minimaliste (les plans-séquence prodigieux du premier volet sont remplacés par de courtes scènes, dont les raccords grossiers — qui tentent de nous faire croire que l’action est continue — sont discernables au premier coup d’œil). De surcroît, les attaques des morts-vivants perdent d’emblée leur potentiel angoissant, non seulement parce que le récit ne nous permet aucune surprise (on devine ce qui va se passer avant même que les auteurs ne nous donnent d’indice), mais également parce que lesdites attaques sont constamment filmées de la même façon : en utilisant des cadrages serrés, remuant dans tous les sens (étant donné que les infectés se jettent systématiquement sur la caméra), dont le manque de lisibilité constitue un handicap supplémentaire.

En somme, l’orientation choisie pour le scénario, les opportunités narratives laissées de côté, et la réalisation fainéante de l’ouvrage freinent considérablement notre appréciation. À un point tel, d’ailleurs, que l’on en viendrait presque à regretter En Quarantaine… C’est dire combien [REC]² peut être décevant ! En outre, les auteurs ont tellement pris de risques sur cette suite que l’on a perdu toute envie de découvrir un éventuel troisième chapitre…


NOTE : 7/20

_________________
Découvrez mes courts-métrages : DUEL SUR LES RIVES DE LA MAULDRE (western) ; DES MACHINES ET DES HOMMES (SF) ; L'AVENTURE SENSATIONNELLE D'UN TABOURET TOUT À FAIT ORDINAIRE (absurde) ; UNE HISTOIRE SANS DÉBUT (absurde) ; OUVERTURE FACILE (comédie) ; LAMENTATIONS (thriller).
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